Chad

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Contexte
Seulement 12% de la population tchadienne ont accès aux ouvrages d’assainissement adéquats et plus de 70% pratiquent la défécation à l’aire dont les conséquences sont le taux élevé de la morbidité et de la mortalité, surtout infantile.

Mise en route
Pour améliorer tant soit peu cette situation et évoluer vers l’atteinte des OMD, plusieurs stratégies ont été adoptées dont notamment l’ATPC introduite au Tchad en Septembre 2009 par le biais d’une formation de formateurs facilitée par le Dr Kamal Kar, avec l’appui du bureau UNICEF Tchad et du gouvernement Tchadien à travers le Ministère de l’Eau.

L’évolution de l’approche ATPC au Tchad a été relativement rapide car après le premier atelier organisé dans la région du Chari Baguirmi, plusieurs autres ateliers de formation ont été organisés notamment dans cinq autres régions du pays. Un pool de plusieurs dizaines de formateurs existe avec plus de 300 animateurs formés dans les six régions touchées. Les différentes sessions de formations ont permis de déclencher 108 villages dont 46 ont à l’heure actuelle (Juin 2011) atteint l’état de la Fin de la Défécation à l’Aire Libre (FDAL). Six villages parmi les 46 ont reçu de certificats pendant des cérémonies solennelles ayant drainés de milliers de personnes (autorités administratives et traditionnelles, chefs de services déconcentrés de l’Etat, presse publique et privée, les communautés des villages…).

Soutien du Gouvernement
Aujourd’hui, plus de 2000 familles vivent dans les différents villages déclenchés dans un environnement plus propre et disposent chacune d’une latrine utilisée réduisant ainsi les risques et fréquence de maladies diarrhéiques. Ces résultats, il faut le relever, ont été possibles grâce à l’engagement du département de l’Eau ainsi que de la Division de l’hygiène et du milieu du Ministère de la santé, appuyés par le bureau de l’UNICEF au Tchad. Il faut saluer l’appui considérable apporté par le ministère de l’Eau à travers la lettre du Secrétaire Général de ce ministère daté du 25 juin 2010. Le contenu de ladite lettre a été partagé solennellement par le Dr Kamal Kar lors de la réunion avec les donateurs en juillet 2010 à Bruxelles. En effet, à travers cette correspondance, le Ministère de l’Eau de la République du Tchad adhère complètement à l’Approche ATPC et s’engage à apporter tout son appui nécessaire à sa mise en œuvre afin d’aider à améliorer les conditions de vies des communautés du Tchad et progresser vers l’atteinte des OMD. Cet engagement se traduit aujourd’hui par la désignation d’un point focal ATPC au sein dudit ministère. La prochaine étape sera la mise en place d’une structure nationale de suivi et de mise en œuvre à l’échelle nationale de l’APTC.

Les perspectives
Au vu des résultats obtenus jusque-là grâce à la mise en œuvre de l’approche ATPC dans les communautés rurales, tous les acteurs impliqués sont motivés à en faire davantage. Pour ce faire, l’année 2011 a été retenue pour le passage à l’échelle au niveau national. Dans cette perspective, les actions suivantes ci-après devront être mises en œuvre avec des échéances précises.

A court terme

  • Créer une coalition nationale et un réseau d’acteurs de mise en œuvre et de promotion de l’approche ATPC au Tchad.
  • Redynamiser le pool national de formateurs en ATPC pour assurer le contrôle de la qualité dans le processus de mise en œuvre.
  • Renforcer les capacités de formation et de facilitation au niveau des différentes régions touchées.
  • Concrétiser la mise en place au niveau du ministère de l’Eau d’une structure compétente de suivi du processus de mise en œuvre de l’approche à l’échelle nationale.
  • Déclencher 160 villages avant la fin de la saison sèche (Juin 2011) par le biais de nos partenaires nationaux et internationaux grâce aux accords qui viennent d’être signés.

Pour le moyen et long terme

  • Inclure dans les stratégies nationales en matière d’assainissement les expériences récentes liées à la mise en œuvre de l’ATPC dans différentes régions du pays.
  • Impliquer davantage les organismes gouvernementaux et non gouvernementaux, les services de l’Etat, les leaders religieux, etc. pour une meilleure prise en main de l’approche et le lancement d’une campagne nationale.
  • Plaider auprès du Ministère de l’eau pour que toutes les ONG travaillant dans le domaine de WASH adoptent l’ATPC comme une activité d’entrée dans les communautés, ce qui améliorera grandement la participation locale dans la gestion des ouvrages sanitaires et hydrauliques
  • Créer un cadre pour l’évolution des consultants communautaires et les leaders émergents naturellement des villages FDAL et favoriser leur participation aux actions de développement local.
  • Renforcer les capacités des Consultants de la Communauté et de les stimuler/encourager à déclencher d’autres villages.
  • Mettre en place un point focal par région pour la conduite et le suivi des activités d’ATPC.
  • Assurer un meilleur encadrement aux Leaders Naturels locaux pouvant conduire la facilitation dans les dialectes locaux;
  • Intégrer tous les aspects d’hygiène dans le processus de mise en œuvre de l’ATPC.
  • Atteindre le chiffre de 300 villages certifiés en fin 2011.